Le 31 octobre 2019 - Depuis 5 ans, Bpifrance Le Lab accumule de la connaissance sur les PME et ETI à travers ses questionnaires : 12000 dirigeants enquêtés ; et ses interviews sur les terrains : plus de 500 dirigeants et experts interrogés.

A travers les 18 études réalisées, il apparaît comme évident que les dirigeants et leur entreprise font face à trois grands défis : environnemental, sociétale et numérique, qui font de lui l’élément indispensable à la pérennité de son entreprise. Afin de consacrer 5 ans de travail sur les PME et ETI et grâce à trois critères retenus : état d’esprit, posture managériale et les actions menées ; Bpifrance Le Lab a tenté de profiler le dirigeant de PME-ETI aujourd’hui, dans un contexte de transformation.


Le dirigeant est plus que jamais au cœur du mouvement de transformation des PME-ETI

Il occupe une place déterminante dans la conduite de son organisation, plus encore que dans un grand groupe, du fait de l’identification qu’il peut y avoir entre le dirigeant et sa structure. Son rôle est encore plus important dans le contexte actuel de transformation environnementale, sociétale et numérique : car c’est à eux qu’il revient de fixer un cap à travers ces grandes mutations, et de tenter d’y entraîner l’ensemble de leurs collaborateurs. A travers cette étude, Bpifrance Le Lab a cherché à comprendre quels sont leurs besoins dans une projection à 3-5 ans. Pour cela, trois profils ont été identifiés autour de 3 grandes caractéristiques : leur état d’esprit, leur posture managériale et leurs actions dans un contexte de transformation.

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Grâce à nos enquêtes précédentes, trois profils possibles de dirigeants ont été identifiés 

  • Les Attentistes : ils ne sont pas acteurs face aux transformations qui affectent leur environnement d’entreprise. Ils adoptent une attitude plutôt réservée, voire sceptique, à l’égard des transformations en cours, essentiellement parce qu’ils manquent de repères pour se représenter l’impact business sur leur entreprise.
  • Les Empiriques : ces dirigeants fonctionnent par expérimentation et tâtonnement, à la recherche de la solution la mieux adaptée à leurs besoins. Ils ne voient pas nécessairement toutes les transformations en cours comme des opportunités, mais ils ont pris conscience de ces grands changements et de la nécessité de s’y adapter.
  • Les Précurseurs : ce profil caractérise des dirigeants pleinement dans l’action vis-à-vis des transformations en cours. Ils vont de l’avant et considèrent que les mutations actuelles sont autant d’opportunités à saisir pour leur entreprise. Conscients que leur capital humain constitue le pilier central de la réussite de leur entreprise, ils attachent une attention particulière à sa formation et à son animation.
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Chacun de ces profils fait face à différents enjeux, il s'agit de prioriser leurs axes d'évolution 

Pour chaque profil, des priorités ont été définies pour les aider à dépasser leurs difficultés. L’enjeu pour les Attentistes par exemple est qu’ils sortent de leur entreprise pour mieux appréhender l’impact des mutations actuelles sur leur entreprise, et la valeur potentielle qu’ils pourraient en retirer. Les Empiriques fonctionnent plutôt en réaction : c’est parce qu’ils voient l’impact des transformations en cours sur leur activité qu’ils prennent des mesures pour y répondre. C’est positif, puisqu’ils cherchent à s’adapter ; mais cela les amène également à avancer au coup par coup, et donc à passer à côté d’un certain nombre de synergies potentielles. Enfin, les Précurseurs cherchent toujours à avoir un coup d’avance. Ils sont souvent dans l’anticipation et multiplient les initiatives. Le risque auquel ils s’exposent est de perdre une partie de leurs collaborateurs en chemin, si l’effort d’alignement n’est pas maintenu. 

La proportion de chacun de ces profils a été évaluée par thématique (Responsabilité sociétale d’entreprise (RSE), Transformation digitale, Recrutement et fidélisation des collaborateurs et Réseaux sociaux). Ainsi, il ressort que

  • 38 % des dirigeants adoptent une posture « Attentiste » sur les sujets des réseaux sociaux, Ce défaut d’intérêt se ressent au niveau de leur organisation : ils n’en font pas une priorité pour le développement ou dans la stratégie de leur entreprise, et ils ne considèrent pas que cela fasse partie de leur rôle de dirigeant de s’exprimer dessus
  • 59 % des interrogés sur l’attraction et la fidélisation des talents ont une attitude « Empirique ». Ils s’inscrivent dans une logique de professionnalisation de leur gestion des ressources humaines, la majorité d’entre eux ayant formalisé leur politique RH. Néanmoins, le déploiement de cette dernière semble encore leur poser des difficultés : ils doivent travailler à diversifier les canaux de recrutement et les leviers de fidélisation autres que le salaire pour progresser.
  • Seulement 13 % des dirigeants sont « Précurseurs » sur le sujet de la transformation digitale. Ils se distinguent notamment en associant régulièrement leurs clients à la conception de leurs offres, puisqu’ils sont 89 % à le faire .
  • Enfin, ils sont plus de 64 % à adopter une attitude d’ « Empiriques » face au sujet de la RSE. Ils perçoivent bien un potentiel d’attractivité mais des marges de progression existent sur le volet sociétal par exemple, où seuls 21 % d’entre eux ont mis en place des mesures visant à appuyer des initiatives locales de développement.