Les perspectives d’emploi et d’investissement des PME restent solides malgré l’anticipation d’une activité moins dynamique en 2019, confirmant l’inflexion observée lors de la précédente enquête. Les PME sont confiantes pour 2020, mais les exportatrices et les innovantes semblent davantage craindre les risques liés au contexte international incertain.


Malgré un léger fléchissement des perspectives d’activité pour 2019, les chefs d’entreprise restent dans l’ensemble confiants.

Les perspectives d’activité sont un peu moins bien orientées que l’an passé. Le solde d’opinion sur l’évolution du chiffre d’affaires perd 3 points en un an, à +23. Ce moindre optimisme est cohérent avec le ralentissement attendu de l’économie française dont la croissance est prévue à +1,3 % en 2019 par l’Insee, après +1,7 %. Les chefs d’entreprises parviendraient néanmoins à maintenir le rythme des embauches. À +15, le solde d’opinion sur l’évolution de l’emploi est en effet stable sur un an. À noter que les deux indicateurs restent toujours bien supérieurs à leur moyenne de long terme.

Dans ce contexte de ralentissement de l’activité, les tensions sur l’appareil de production se relâchent, le taux d’utilisation des capacités de production dans l’industrie reculant nettement (78,2 % après 79,4 % en novembre). La demande de travail restant dynamique, les difficultés de recrutement restent en revanche très prégnantes : 81% des PME sont concernées, dont la moitié les juge importantes.

Les perspectives d’activité et d’emploi évoluent différemment selon les secteurs :

  • Tous les secteurs anticipent un ralentissement plus ou moins prononcé de leur activité, à l’exception du Commerce (+1 point sur un an). Le repli de l’indicateur d’activité est le plus marqué dans la Construction (−7 points à +16) et l’Industrie (−6 points à +24).
  • Les embauches se maintiennent ou accélèrent modérément dans tous les secteurs à l’exception de l’Industrie (−5 points à +25).
  • À noter que les PME industrielles, qui se distinguaient par leur optimisme lors de l’enquête de janvier, anticipent désormais un ralentissement de leur activité et de leurs embauches, aussi bien pour cette année que pour 2020.

Même si elles restent plus performantes que la moyenne, les PME innovantes, exportatrices, et de plus de 100 salariés prévoient un ralentissement un peu plus marqué de leur activité. Ce semestre, les PME moyennement exportatrices, c’est-à-dire dont la part du chiffre d’affaires à l’international est comprise entre 6 et 25%, sont les plus pessimistes (solde d’opinion en baisse de 9 points) ; les entreprises qui exportent davantage résistent en revanche bien mieux (+1 point sur un an à +35). Les PME innovantes, qui représentent le tiers de l’échantillon, se montrent également moins enthousiastes (−10 points). Par taille, les PME de plus de 100 salariés sont les plus pessimistes (−8 points).

L’investissement reste dynamique grâce à une situation financière toujours aisée et des conditions d’accès au crédit très favorables.

En mai 2019, 50 % des PME déclarent avoir investi ou prévoient d’investir d’ici la fin d’année, soit 1 point de plus que l’an passé. En outre, le solde d’opinion relatif à l’évolution annuelle du volume d’investissement, c’est-à-dire l’ensemble des montants investis dans l’année, est stable sur un an à +3.

Cette résilience de l’investissement s’explique par la solidité financière des PME et le maintien de conditions d’accès au crédit très favorables. L’état de la trésorerie des PME est en amélioration quasi continue depuis 5 ans (solde d’opinion en hausse de 2 points sur un an à −6) et devrait rester souple à court terme. Les PME bénéficient par ailleurs d’un accès toujours aisé au crédit d’investissement puisque seules 11 % d’entre elles déclarent rencontrer des difficultés pour en obtenir, une proportion toutefois en légère hausse (+2 points en un an).

Les PME restent globalement confiantes pour 2020 mais les exportatrices et les innovantes semblent pâtir du contexte international incertain.

En ce qui concerne 2020, les PME sont globalement optimistes. Dans l’ensemble, les perspectives d’activité (solde d’opinion à +26, stable sur un an) et d’embauches (solde à +25, en hausse d’1 point sur un an) restent solides. Les tensions commerciales et géopolitiques, ainsi que les incertitudes entourant le Brexit semblent toutefois avoir entaché l’optimisme des PME exportatrices et/ou innovantes. Celles-ci anticipent en effet une poursuite du ralentissement de leur activité en 2020 (solde d’opinion en baisse de 3 à 4 pts). 

Pour Philippe Mutricy, Directeur de l'Evaluation, des Etudes et de la Prospective – Président, fondateur de Bpifrance Le Lab, « Cette vague d’enquête auprès des PME confirme la légère dégradation des perspectives d’activité enregistrée en fin d’année 2018 mais révèle a contrario une forte résilience des PME dans leurs plans d’investissement et d’embauches. L’optimisme des PME résiste plutôt bien malgré les incertitudes internationales et la dégradation de la conjoncture mondiale que ressentent plus fortement les PME exportatrices et innovantes. La question se pose désormais de savoir si ces résultats traduisent seulement un ralentissement passager de l’activité ou bien s’ils présagent un fléchissement progressif de l’économie française vers sa croissance potentielle après deux très bonnes années. »

Condition de réalisation de l’enquête

La 69e enquête semestrielle de conjoncture de Bpifrance Le Lab a été réalisée par interrogation de 35 408 entreprises de 1 à 249 salariés mi-mai 2019, par voie postale ou numérique. L’analyse s’appuie sur un échantillon de 4 717 réponses reçues avant le 8 juin.

Les résultats de synthèse ainsi que les analyses sectorielles et régionales sont disponibles sur le site www.bpifrance-lelab.fr.

Pour en savoir plus

Télécharger la 69e enquête de conjoncture sur les PME Télécharger les séries longues de données de la 69e enquête PME Télécharger les déclinaisons régionales Télécharger les focus sectoriels Download SMEs 69th business climate survey
Bpifrance Le Lab