Bpifrance Le Lab présente la 10e enquête annuelle de conjoncture ETI  

Cette 10e enquête de conjoncture permet de mesurer l’impact de la crise économique actuelle et les perspectives de reprise envisagées à mi-année par les entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Cette 10e enquête annuelle de conjoncture a été réalisée auprès de 4 868 entreprises de taille intermédiaire (ETI) en juin-juillet 2020 soit après le déconfinement. Les résultats portent sur un échantillon de 480 entreprises représentatives des entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises[1].

 A retenir : 

  • L’année 2020 sera sans surprise marquée par une nette contraction de l’activité, de l’emploi et de l’investissement des ETI compte tenu du confinement durant le printemps. Les ETI internationalisées, d’habitude les plus performantes, ont subi cette fois le choc de la récession mondialisée.
  • Plus de la moitié des ETI déclarent ne rencontrer aucun problème de trésorerie et 41% des difficultés jugées surmontables, très probablement grâce aux mesures de soutien. Seules 2% expriment des difficultés de trésorerie insurmontables.
  • En grande majorité, les ETI n’anticipent pas de récession prolongée : 71% des ETI s’attendent à un retour rapide à une activité normale, davantage que les PME interrogées un mois plus tôt (47%). Les ETI industrielles, fortement internationalisées, étaient en juillet un peu moins optimiste que la moyenne (61%)

Compte tenu du choc économique lié à la crise sanitaire actuelle, les ETI anticipent une nette dégradation de leur activité en 2020

Compte tenu du coup d’arrêt subi au printemps, les dirigeants des ETI s’attendent à un net recul de leur chiffre d’affaires en 2020 par rapport à 2019. Avec 15% d’ETI anticipant une hausse du CA en 2020 et 60% une baisse, le solde d’opinion[2] s’inscrit à -45, enregistrant une chute de 89 points sur un an.

Les ETI internationalisées, habituellement les plus optimistes, enregistrent une correction la plus forte. Pour les plus internationalisées d’entre-elles (plus de 25% de leur CA à l’export), le solde d’opinion sur l’évolution de l’activité perd 120 points en un an avec des perspectives d’exportation très dégradées sur toutes les zones (négatif à -46, l’indicateur d’activité à l’exportation recule de 73 points par rapport à celui de 2019). En corollaire, le tableau est également plus sombre que la moyenne chez les ETI industrielles, population se recoupant fortement avec les ETI internationalisées.

En cohérence avec le recul de l’activité et la dégradation de leur situation financière, les dirigeants réduisent leurs effectifs et leurs dépenses d’investissement pour l’année 2020.

Le solde prévisionnel des effectifs en France perd 47 points sur un an (à -12) et celui des effectifs à l’étranger 22 points (à -6). Dans l’ensemble des secteurs d’activité, les effectifs sont prévus en baisse mais, plus particulièrement, dans l’Industrie (indicateur à -29 ; recul de 59 points en un an).

Signe, sans doute, d’un recours massif au chômage partiel (80%), la correction des anticipations sur les effectifs, même si elle est très significative, semble moins forte que celle sur l’activité. La part d’ETI déclarant anticiper une baisse de leurs effectifs est deux fois moins importante que celle anticipant une baisse de leur chiffre d’affaires.

Du côté de l’investissement, l‘indicateur prévisionnel est en recul de 47 points sur un an (à -19). En termes de croissance externe, la part d’ETI envisageant de créer une filiale en 2020 est en nette baisse (19% en recul de 9 points par rapport à 2019) comme la prise de participations (35% d’ETI en baisse de 8 points).

Les projets de création de filiales ou de prises de participations à l’étranger sont aussi révisés : 11% des ETI en envisagent cette année contre 18% en 2019. Ces projets sont par ailleurs recentrés sur l’Union européenne (69% des ETI avec ce type de projet vs 58% l’an passé).

Grâce aux dispositifs mis en place par les pouvoirs publics, les établissements financiers et les banques pour faire face aux difficultés financières engendrées par la crise sanitaire, 55% des ETI estiment que leur trésorerie est suffisante et 41% rencontrent des difficultés mais jugées surmontables.

Les anticipations pointent vers des trésoreries en forte dégradation en 2020 (-36 contre 0 en 2019) notamment pour les ETI très internationalisées (en recul de 47 points sur un an), celles de moins de 250 salariés (- 47 points), celles des secteurs de l’Industrie (-45 points) et de la Construction (-50 points).  

Cependant, avec un niveau de trésorerie jugé initialement très bon en 2019 et grâce aux dispositifs financiers mis en place pour faire face à la crise (51% des ETI déclarent avoir souscrit un PGE et près de 80% utilisé le chômage partiel), 55% des ETI estiment ainsi avoir une trésorerie suffisante et 41% déclarent rencontrer des difficultés, mais surmontables. Seules 2% indiquent avoir des difficultés de trésorerie insurmontables.

Plus de 70% des ETI envisagent un retour rapide à un niveau d’activité normal même si pour l’essentiel sans voir un rattrapage des pertes enregistrées durant le printemps.

71% des ETI s’attendent à un retour rapide à une activité normale, dont 55% sans rattrapage des pertes du printemps. Ce résultat est plus optimiste que pour les PME interrogées un mois avant dans l’enquête de conjoncture PME de Bpifrance Le Lab, publiée en juillet (47% anticipaient alors un retour rapide à un niveau d’activité normal). Ces anticipations étaient plus faibles dans l’industrie et les services aux entreprises (pour respectivement 61% et 59%).

En conséquence, si la correction sur les projets d’embauches et d’investissement attendue en 2020 est forte, ces derniers seraient majoritairement reportés plutôt qu’annulés :

  • 44% des ETI déclarent maintenir leurs projets d’embauche, 35% les reporter, 9% les annuler (12% sans projets)
  • 52% des ETI déclarent maintenir leurs projets d’investissement, 38% les reporter, 4% les annuler (6% sans projets)

« Au total même si les ETI interrogées jusqu’à fin juillet envisagent, une année 2020 très difficile. Elles sont plus optimistes sur les perspectives des prochains mois que les PME interrogées en juin dernier. Un signal que la reprise post confinement s’est poursuivie au cours de l’été. En s’appuyant sur les dispositifs de soutien mis en place comme le PGE ou le chômage partiel, la situation de liquidité semble assurée » estime Philippe Mutricy Directeur des Etudes de Bpifrance.

 

 

Méthodologie - Définition des ETI

La nouvelle catégorie des entreprises de taille intermédiaire a été introduite par la loi de modernisation de l’économie d’août 2008, et précisée par le décret de décembre 2008. Ce sont les entreprises qui n’appartiennent pas à la catégorie des petites et moyennes entreprises[3], et qui :

  • d’une part occupent moins de 5 000 personnes ;
  • d’autre part ont un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 1,5 Md€ ou un total du bilan annuel n’excédant pas 2 Md€.

Elles se situent donc entre les PME et les grandes entreprises (GE).

 

[1] ETI dont la tête de groupe est en France

[2] Solde d’opinion : différence entre la proportion de répondants ayant exprimé une opinion positive et la proportion de répondants ayant exprimé une opinion négative.

[3] Entreprises employant moins de 250 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 50 M€ ou le bilan annuel 43 M€.

Pour en savoir plus

Télécharger l'enquête ETI 2020
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