Comme chaque trimestre retrouvez notre baromètre trésorerie, investissement et croissance des TPE et PME.

Pour cette édition découvrez un focus d'actualité sur la transformation digitale des PME. 

Les TPE et PME interrogées par Bpifrance et Rexecode en septembre 2019 font toujours état d’une grande facilité d’accès au crédit et signalent une nette amélioration de leur trésorerie, possiblement en lien avecla transformation du CICE en allégement de charges, qui a entrainé un apport ponctuel supplémentaire de trésorerie pour les entreprises cette année. Les PME prévoient néanmoins de freiner un peu leurs investissements en 2019, en cohérence avec le contexte de ralentissement de l’économie. Les difficultés de recrutement restent le principal frein à la croissance des TPE/PME et apparaissent de nouveau en hausse ce trimestre.

Interrogés sur la transformation digitale de leur entreprise, 53 % des dirigeants déclarent avoir entamée celle-ci. Pour ces entreprises, il s’agit principalement de faire évoluer l’organisation de l’entreprise, par exemple en utilisant des outils informatiques pour favoriser le travail collaboratif. À l’inverse, 47 % des dirigeants n’ont pas entamé la transformation digitale de leur entreprise, une part significative d’entre eux déclarent ne pas se sentir pas concernés. Les principaux obstacles à la transformation digitale sont la complexité du sujet et le manque de compétences en interne. Néanmoins, les PME estiment que la digitalisation aura un impact globalement positif sur leur chiffre d’affaires, leur rentabilité, leur investissement et leurs effectifs dans les cinq années à venir.



Une nette amélioration de la trésorerie mais un ralentissement de l’investissement :

Trésorerie  et  délais de paiement : Les indicateurs relatifs à l’évolution de la trésorerie récente et future des PME se sont nettement redressés ce trimestre et par rapport au début d’année. Les PME sont de nouveau plus nombreuses à déceler une amélioration de leur trésorerie plutôt qu’une dégradation au cours des 3 derniers mois. Ce résultat peut être mis en relation avec la transformation du CICE en allégement de charges, qui a entrainé un apport ponctuel supplémentaire de trésorerie pour les entreprises cette année. Les délais de paiement clients et fournisseurs ont légèrement augmenté ce trimestre.

Investissement : L’investissement ralentirait légèrement en 2019 selon les anticipations des PME : le solde d’opinion sur l’évolution des dépenses d’investissement baisse légèrement (−2 points sur un an), de même que la proportion de PME souhaitant investir (de 59 % à 57 %). Ces résultats s’inscrivent dans un contexte où les perspectives d’activité sont un peu moins allantes et où le taux d’utilisation des capacités de production reflue un peu. Les besoins de renouvellement et/ou de modernisation des équipements constituent toujours le principal motif de ces dépenses. À noter que, en ligne avec la tendance observée depuis un an, la proportion de chefs d’entreprise anticipant investir dans une nouvelle implantation est en nette hausse : 29 % contre 24 % au trimestre précédent et seulement 18 % au 3e trimestre 2018.

Accès au crédit : Les conditions d’accès au crédit restent aisées, dans un contexte de taux historiquement bas. Seules 18 % des entreprises ont rencontré des difficultés pour financer leur exploitation courante et 15 % pour leurs investissements.

Freins à la croissance : Les difficultés de recrutement restent perçues comme le principal frein à l’activité des PME, de nouveau en hausse ce trimestre (cité par 59 % des PME contre 57 % il y a 3 mois). Elles devancent de loin la concurrence, facteur cité par 41 % des PME. Les contraintes de demande bougent peu et restent assez faibles.

Focus trimestriel « Transformation digitale des PME : où en est-on ? » :

53 % des dirigeants de PME ayant répondu à l’enquête déclarent que leur entreprise a entamé sa transformation digitale. Pour ces entreprises, le processus s’opère principalement dans l’organisation de l’entreprise (82 %), en mettant en place des outils informatiques pour favoriser le travail collaboratif ou en associant les équipes opérationnelles au projet de transformation digitale par exemple, puis dans l’optimisation de la production (56 %) et la relation client (55 %). Moins d’un tiers des PME (29 %) ont élaboré des partenariats dans la mise en œuvre de leur transition digitale.

À l’inverse, 47 % des dirigeants n’ont pas entamé leur transformation digitale. Parmi eux, 40 % ne se sentent pas concernées par ce sujet (soit 19 % du total des répondants). Les 60 % restant n’ont pas procédé à la transformation digitale de leur entreprise principalement par manque d’intérêt ou de temps (44 % d’entre eux) ou parce qu’ils jugent que ce n’est pas encore le bon moment pour l’entreprise pour initier cette transformation (38 %). Les autres raisons majeures sont la complexité du sujet et le manque de compétences en interne, qui sont également les principaux obstacles rencontrés par les PME ayant entamé leur transformation digitale. Ces dernières sont 64 % à déclarer ne pas avoir rencontré d’obstacles dans la mise en œuvre de leur transformation digitale.

Les principaux outils utilisés par les entreprises ayant entamé leur transformation digitale sont les outils informatiques de suivi des activités (77 % y ont recours, dont 53 % déclarent y recourir beaucoup), le cloud (66 %) et les réseaux sociaux (70 %). La vente en ligne et la promotion du travail collaboratif sont moins sollicitées (un peu moins de la moitié des PME les utilisent). Les PME ont encore très peu recours au big data (19 %) et à l’intelligence artificielle (14 %) ; plus de la moitié des PME n’envisagent pas d’en faire usage à court terme.

L’impact anticipé de la digitalisation dans les cinq années à venir sur le chiffre d’affaires, la rentabilité et l’investissement des PME est globalement positif, de même que sur le nombre d’employés mais dans une moindre mesure. Les PME qui ont déjà débuté leur transformation digitale sont plus optimistes.

Conditions de réalisation de l’enquête :

Afin de mieux connaître la situation des TPE et PME en matière de trésorerie, de projets d’investissement et d’accès au crédit, Bpifrance Le Lab et Rexecode ont noué un partenariat qui se décline dans un sondage trimestriel conduit auprès des chefs d’entreprise.

Cette sixième édition publique du Baromètre trimestriel Bpifrance – Rexecode, dédié à la Trésorerie, l’Investissement et la Croissance des TPE et PME, a été réalisée entre le 26 août et le 3 septembre 2019, sur la base d’un questionnaire diffusé par voie numérique auprès de près de 1 373 PME des secteurs marchands non agricoles, de 1 à 249 salariés et réalisant moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les réponses de 498 PME ont été traitées.

Le questionnaire comportait 10 questions autour des 3 axes : Trésorerie, délais de paiement, financement court terme/Investissement, financement de l’investissement/Freins à la croissance. Il était complété par une interrogation thématique portant sur la transformation digitale.